L’industrie des croisières traverse une période de transformation majeure, marquée par des changements profonds dans les attentes des passagers. Avec 34,6 millions de passagers dans le monde selon la CLIA, soit une hausse de 9% sur un an, le secteur doit s’adapter à une clientèle plus exigeante et diversifiée. Cette évolution s’accompagne d’une révolution technologique sans précédent et d’une prise de conscience environnementale accrue qui redéfinit complètement l’expérience de la croisière moderne.

Les nouvelles générations de croisiéristes, avec un âge moyen qui a rajeuni de 49 ans en 2019 à 46,7 ans, apportent des attentes inédites. Ces voyageurs connectés recherchent des expériences personnalisées, durables et technologiquement avancées. Comment l’industrie répond-elle à ces nouvelles exigences ? L’analyse des tendances émergentes révèle six axes majeurs de transformation qui façonnent l’avenir des croisières.

Évolution des préférences gastronomiques et concepts culinaires innovants à bord

La gastronomie s’impose désormais comme un véritable moteur de décision pour les croisiéristes modernes. Cette tendance, baptisée culinary tourism, transforme radicalement l’offre alimentaire à bord des navires. Les compagnies investissent massivement dans des concepts culinaires sophistiqués pour répondre à une clientèle de plus en plus gastronome et exigeante.

Restaurants spécialisés et partenariats avec chefs étoilés michelin

Les navires de nouvelle génération intègrent jusqu’à onze restaurants différents, chacun proposant une expérience culinaire unique. Cette diversification répond à la demande croissante de variété et d’authenticité. Les croisiéristes ne se contentent plus de buffets standardisés ; ils recherchent des expériences gastronomiques comparables à celles des grands restaurants terrestres.

Les partenariats avec des chefs renommés se multiplient, créant des concepts exclusifs en mer. Le Chef's Garden Kitchen à bord du MSC World Europa, dirigé par le chef suédois Niklas Ekstedt, illustre parfaitement cette tendance. Ces collaborations apportent une crédibilité gastronomique et une différenciation concurrentielle significative.

L’arrivée du premier restaurant Eataly en mer sur le MSC World America en avril 2025 marque une nouvelle étape. Cette initiative démontre comment les compagnies s’associent avec des marques alimentaires prestigieuses pour créer des expériences authentiques et reconnaissables.

Expériences culinaires immersives et ateliers gastronomiques interactifs

L’évolution va bien au-delà de la simple restauration. Les croisiéristes recherchent des expériences participatives qui leur permettent d’apprendre et de découvrir. Les ateliers de cuisine se développent rapidement, proposant des cours avec des chefs professionnels dans des cuisines entièrement équipées.

Ces expériences incluent des dégustations de vins avec sommeliers, des cours de pâtisserie, et des initiations aux cuisines régionales. L’objectif est de créer des souvenirs durables et des compétences transférables que les passagers peuvent reproduire chez eux.

La gastronomie n’est plus seulement une composante du voyage, elle devient une véritable motivation de réservation pour de nombreux

La gastronomie n’est plus seulement une composante du voyage, elle devient une véritable motivation de réservation pour de nombreux

voyageurs qui choisissent désormais une croisière en fonction de son offre culinaire autant que de son itinéraire. Pour les compagnies, le défi consiste à maintenir un niveau de qualité constant, malgré des volumes de production très élevés, tout en renouvelant régulièrement les cartes pour fidéliser les croisiéristes les plus assidus. Ce repositionnement rapproche les croisières des grandes capitales gastronomiques, avec une promesse : vivre un véritable tour du monde des saveurs sans changer d’hôtel.

Adaptation aux régimes alimentaires spécifiques et alternatives végétales

Les attentes des passagers en matière de nutrition sont plus pointues que jamais. Allergies, intolérances, régimes gluten-free, lactose-free, menus végétariens, végétaliens ou encore hyperprotéinés : la croisière moderne doit s’adapter à une mosaïque de besoins alimentaires. Cette diversification n’est plus perçue comme un service optionnel mais comme un prérequis, notamment pour les familles et les voyageurs multigénérationnels.

Les grandes compagnies mettent en place des protocoles précis de prise en charge des régimes spéciaux dès la réservation, avec des fiches nutritionnelles centralisées et des entretiens personnalisés à l’embarquement. À bord, les buffets intègrent désormais une signalétique claire (pictogrammes, codes couleur) permettant d’identifier rapidement les plats sans allergènes majeurs ou adaptés à certains régimes. Pour les passagers, cette transparence renforce le sentiment de sécurité et de considération.

Parallèlement, la demande d’alternatives végétales s’envole, portée par les préoccupations éthiques et environnementales. Les cartes s’enrichissent de substituts à base de légumineuses, de céréales complètes ou de protéines végétales nouvelle génération. L’objectif n’est plus seulement de « proposer une option végétarienne », mais de faire de la cuisine végétale un axe créatif à part entière, capable de séduire aussi les flexitariens. Comme dans un grand restaurant de ville, l’offre se veut inclusive et gourmande, plutôt que restrictive.

Intégration de la cuisine locale des destinations visitées

Les croisiéristes ne veulent plus vivre leur voyage comme une parenthèse déconnectée des territoires traversés. Ils attendent une véritable immersion gastronomique qui commence à bord et se prolonge à terre. Les compagnies l’ont bien compris et multiplient les passerelles entre cuisine de bord et cultures locales : menus inspirés des escales du jour, produits régionaux embarqués directement dans certains ports, collaborations ponctuelles avec des chefs locaux invités.

Cette tendance se traduit par des soirées thématiques mettant à l’honneur les cuisines méditerranéennes, caribéennes ou nordiques selon les itinéraires. On retrouve par exemple des déclinaisons du carnaval de Martinique sur certaines croisières Caraïbes, ou des buffets centrés sur les produits de la mer du Nord lors des itinéraires de type coolcation. Ces expériences culinaire-créatives permettent aux passagers de « goûter » une destination avant même de la fouler.

En excursion, l’offre se structure également autour de la découverte des terroirs : visites de marchés locaux, dégustations dans des vignobles, ateliers de cuisine chez l’habitant ou démonstrations de street food guidées par des experts. Pour les agences de voyages comme pour les compagnies, ces excursions gourmandes deviennent un argument de vente clé. Vous vendez une cabine, certes, mais aussi un carnet d’adresses culinaires soigneusement orchestré tout au long de la croisière.

Technologies embarquées et digitalisation de l’expérience passager

La digitalisation est devenue l’un des piliers de l’expérience croisière. Avec une clientèle plus jeune, connectée et habituée aux services on demand, les armateurs investissent massivement dans les technologies embarquées pour fluidifier le parcours client, personnaliser les services et optimiser les opérations. L’objectif est double : simplifier le quotidien des passagers tout en collectant des données précieuses pour mieux anticiper leurs attentes.

Applications mobiles dédiées et services de conciergerie numérique

Les applications mobiles de croisière se sont imposées comme le véritable « tableau de bord » du voyageur. Avant même l’embarquement, elles permettent de compléter les formalités, de réserver des excursions, des créneaux de spa ou de restauration, et de consulter le plan du navire. Une fois à bord, elles se transforment en assistant personnel : programme des activités en temps réel, notifications en cas de changement d’horaires, messagerie interne pour communiquer avec son groupe ou l’équipage.

Cette conciergerie numérique remplace progressivement les files d’attente au comptoir d’information et réduit la friction dans le parcours client. Les passagers peuvent par exemple reprogrammer un dîner, commander un service en cabine ou réserver un atelier culinaire en quelques clics, à toute heure. Pour les compagnies, ces interfaces sont aussi un levier puissant de vente additionnelle et de pilotage opérationnel, grâce au suivi fin des réservations et des taux de fréquentation des espaces.

Vous êtes agent de voyages ou responsable de produit ? Intégrer une démonstration de ces applications dans votre argumentaire de vente peut rassurer une clientèle moins habituée aux croisières, notamment les primo-croisiéristes. En mettant en avant la simplicité d’utilisation et la centralisation de tous les services, vous répondez à une crainte fréquente : se sentir perdu sur un grand navire.

Systèmes de reconnaissance faciale et paiement biométrique

Pour accélérer l’embarquement et renforcer la sécurité, de nombreux ports et compagnies testent ou déploient des systèmes de reconnaissance faciale. Concrètement, les passagers enregistrent leur visage lors de la réservation ou à l’arrivée au terminal, puis l’identification se fait automatiquement aux points de contrôle. Résultat : des files d’attente réduites, une fluidité accrue et une meilleure traçabilité des entrées et sorties à bord.

Dans le même esprit, le paiement biométrique se généralise, souvent couplé à la carte de cabine ou à un bracelet connecté. Les achats effectués dans les boutiques, bars, restaurants ou espaces bien-être sont débités automatiquement sur le compte du passager, sans manipulation de carte bancaire. Cette simplicité, proche de celle d’un parc à thème, favorise la consommation tout en sécurisant les transactions.

Certains voyageurs peuvent toutefois s’interroger sur la protection de leurs données personnelles. Les compagnies doivent donc redoubler de pédagogie, en expliquant clairement les mesures de chiffrement et les durées de conservation, à la manière des compagnies aériennes. Comme pour un coffre-fort numérique, plus la technologie est transparente et expliquée, plus la confiance s’installe.

Réalité virtuelle et augmentée dans les espaces de divertissement

La recherche d’innovations spectaculaires se traduit aussi par l’introduction de la réalité virtuelle (RV) et de la réalité augmentée (RA) dans les espaces de divertissement. Salles immersives, jeux interactifs, simulateurs de vol ou de conduite, expériences sensorielles autour des destinations : les navires deviennent de véritables parcs d’attractions flottants, capables de séduire les familles comme les jeunes adultes.

Ces technologies permettent par exemple de « visiter » virtuellement des sites inaccessibles ou protégés, complétant ainsi l’offre d’excursions physiques. Elles servent aussi d’outil pédagogique, notamment sur les croisières d’expédition, où l’on peut explorer les fonds marins ou les paysages polaires avant d’y débarquer. Cette approche hybride combine le meilleur des deux mondes : l’émotion du voyage réel et la puissance de l’immersion numérique.

Pour les passagers moins enclins aux activités sportives ou aux sorties intensives à terre, ces expériences RV/RA offrent une alternative attractive, à consommer à son rythme. On assiste ainsi à une personnalisation du divertissement comparable à celle des plateformes de streaming : chacun construit son propre programme, entre spectacles en salle, expériences immersives et moments de détente plus classiques.

Connectivité satellitaire haute vitesse et espaces de télétravail

Avec l’essor du télétravail et des séjours prolongés du type radical sabbatical, la connectivité à bord n’est plus un simple plus, mais un critère de choix déterminant. Les croisiéristes attendent une connexion stable, rapide et abordable, pour rester en lien avec leur environnement personnel et professionnel. Les compagnies investissent donc dans des solutions de connectivité satellitaire haute vitesse, parfois en partenariat avec des opérateurs spécialisés de nouvelle génération.

En parallèle, des espaces de coworking en mer apparaissent, avec postes de travail, salles de réunion, cabines téléphoniques insonorisées et impression sécurisée. Sur certaines croisières au long cours, ces espaces deviennent de véritables « bureaux temporaires », permettant aux passagers de prolonger leur séjour sans interrompre totalement leur activité. La croisière rejoint ainsi la tendance des workations, ces séjours où l’on travaille le matin et l’on explore l’après-midi.

Vous hésitez à proposer ce type de produit à des clients actifs ? Mettez en avant le confort d’une cabine moderne, la possibilité de profiter d’un spa ou d’un restaurant gastronomique après la journée de travail, et la sécurité sanitaire d’un environnement maîtrisé. Pour beaucoup de cadres et indépendants, la croisière devient une alternative crédible aux locations saisonnières, avec un rapport qualité-prix très compétitif.

Durabilité environnementale et croisière responsable

L’empreinte environnementale est devenue l’un des sujets les plus sensibles pour l’industrie des croisières. Alors que le secteur ne représente qu’environ 2 % du tourisme mondial en volume, il est particulièrement exposé aux critiques en raison de la taille des navires et de leur visibilité médiatique. Résultat : les attentes des passagers en matière de croisière durable se renforcent, et les compagnies accélèrent leurs investissements dans les technologies vertes.

Propulsion hybride et technologies de réduction des émissions GNL

La transition énergétique de la flotte s’articule autour de plusieurs leviers, dont l’adoption du GNL (gaz naturel liquéfié) et des systèmes de propulsion hybrides. Des navires emblématiques comme l’Icon of the Seas ou l’Explora III illustrent ce mouvement, avec des moteurs conçus pour fonctionner au GNL et, demain, à des carburants de synthèse ou bio-GNL. Selon la CLIA, 50 % de la capacité des nouveaux navires seront équipés de ce type de moteurs d’ici 2028.

Concrètement, ces technologies permettent de réduire significativement les émissions de soufre, de particules fines et de CO₂ par passager-kilomètre. Couplées à des optimisations hydrodynamiques (coques plus efficaces, peintures réduisant la friction) et à des systèmes de récupération de chaleur, elles rapprochent la croisière des standards environnementaux exigés par les autorités portuaires et les organisations internationales. On voit apparaître une nouvelle génération de paquebots « propres », conçus comme des prototypes flottants de la transition énergétique.

Du côté des passagers, ces évolutions techniques peuvent sembler abstraites. D’où l’importance, pour les compagnies et les agences, de vulgariser ces progrès avec des comparaisons simples : un navire nouvelle génération peut, par exemple, transporter plus de passagers avec une empreinte carbone par personne inférieure à celle d’un séjour combinant plusieurs vols régionaux et hôtels. Comme pour une voiture hybride, l’essentiel est de rendre visible ce qui se joue sous le capot.

Systèmes de traitement des eaux usées et gestion des déchets zéro plastique

Au-delà de la propulsion, les attentes des croisiéristes portent aussi sur la gestion de l’eau et des déchets. Les navires récents intègrent des systèmes avancés de traitement des eaux usées, capables de dépasser les exigences réglementaires internationales. Selon certaines enquêtes menées en Europe, près de 87 % des bateaux de croisière fluviale disposent déjà de systèmes sophistiqués de traitement de l’eau à bord, et la tendance gagne rapidement la croisière océanique.

La réduction du plastique à usage unique est un autre axe majeur de transformation. Disparition progressive des pailles, des bouteilles en plastique remplacées par des gourdes réutilisables et des fontaines filtrantes, produits de toilette en distributeurs rechargeables : les petits gestes se multiplient et deviennent une partie visible de l’engagement environnemental des marques. Pour les passagers, ces initiatives sont des signaux forts qui influencent de plus en plus le choix de la compagnie.

Une gestion plus fine du tri et de la valorisation des déchets complète ce dispositif : compactage, recyclage, partenariat avec des filières locales dans les ports d’escale. Là encore, la pédagogie est clé. Des visites techniques des coulisses ou des expositions pédagogiques à bord permettent de montrer comment un « petit village flottant » gère ses ressources, à la manière d’une ville intelligente miniature.

Excursions éco-certifiées et tourisme régénératif

Les attentes en matière de croisière responsable ne se limitent pas au navire lui-même. Les passagers s’intéressent de plus en plus à l’impact de leur présence sur les destinations visitées. En réponse, les compagnies développent des excursions éco-certifiées, en partenariat avec des opérateurs locaux engagés dans la préservation de la biodiversité ou du patrimoine culturel. Observation de la faune encadrée, randonnées à faible impact, visites de réserves marines ou d’aires protégées : l’offre se structure autour du concept de tourisme régénératif.

Ce type d’excursion ne se contente pas de « minimiser » l’impact, il vise à générer des retombées positives mesurables pour les communautés locales. Participation à des programmes de replantation de mangroves, soutien à des coopératives artisanales, ateliers de sensibilisation aux enjeux climatiques : autant d’activités qui répondent aux aspirations d’une clientèle en quête de sens. Pour les croisières d’expédition, ce positionnement devient même un argument central.

Pour les agents de voyages, la clé est d’orienter les clients vers ces offres labellisées, souvent mises en avant par les compagnies dans leurs catalogues. En explicitant les bénéfices concrets pour la destination, vous transformez une simple excursion en opportunité d’engagement, ce qui renforce la valeur perçue du voyage.

Programmes de compensation carbone et certifications environnementales

Face à la pression croissante de l’opinion publique, de plus en plus de compagnies mettent en place des programmes de compensation carbone. Concrètement, il s’agit de calculer les émissions liées à une croisière et de financer des projets climatiques certifiés (reforestation, énergies renouvelables, efficacité énergétique) pour en neutraliser tout ou partie l’impact. Ces dispositifs, encore perfectibles, répondent néanmoins à une attente explicite de nombreux passagers.

Les certifications environnementales jouent également un rôle clé dans la crédibilité des démarches. Labels de gestion environnementale, notations ESG, distinctions portuaires pour les navires les plus performants : autant d’éléments qui deviennent des gages de sérieux pour les voyageurs sensibles à ces enjeux. Certains ports, comme Montréal, Vancouver ou Halifax, investissent par ailleurs dans des infrastructures d’alimentation électrique à quai, permettant aux navires de couper leurs moteurs lors des escales.

Comme pour le secteur hôtelier il y a quelques années, on assiste à l’émergence d’une « grammaire verte » propre à la croisière. Vous pouvez accompagner vos clients en les aidant à décoder ces labels, à comparer les niveaux d’engagement et à intégrer le critère environnemental dans leur choix, au même titre que la taille du navire ou la renommée de la gastronomie à bord.

Personnalisation avancée des itinéraires et expériences sur mesure

L’ère des itinéraires standardisés touche progressivement à sa fin. Les passagers attendent aujourd’hui une forme de sur-mesure, même à bord des plus grands navires. Ils souhaitent composer leurs vacances comme une playlist : choisir le rythme, les escales, le type d’activités, voire la thématique de leur voyage (bien-être, culture, aventure, gastronomie…). Pour répondre à ces attentes, les compagnies s’appuient sur la puissance des données et de l’intelligence artificielle.

Intelligence artificielle prédictive pour recommandations personnalisées

En croisière, l’intelligence artificielle devient un véritable chef d’orchestre invisible, capable d’analyser les comportements, les réservations passées, les préférences déclarées et même les interactions sur l’application mobile. L’objectif ? Anticiper les envies des passagers et leur proposer des recommandations ciblées : excursions pertinentes, restaurants à découvrir, activités à ne pas manquer selon leur profil.

Cette personnalisation s’inspire des plateformes de streaming ou de e-commerce : « parce que vous avez aimé telle expérience, nous vous suggérons… ». Pour un couple adepte de bien-être, l’IA pourra par exemple mettre en avant des séances de yoga au lever du soleil et un circuit spa, tandis qu’une famille avec adolescents se verra proposer des activités d’aventure ou des expériences RV. Ce type d’accompagnement renforce l’impression d’être compris et guidé, malgré la taille du navire.

Pour les professionnels du voyage, ces fonctionnalités sont un argument précieux pour rassurer les primo-croisiéristes qui craignent de « passer à côté » de l’essentiel. En montrant que l’on n’est plus livré à soi-même face à un programme foisonnant, mais accompagné par un assistant intelligent, vous réduisez un frein psychologique majeur.

Escales exclusives et ports privés des compagnies premium

La recherche d’exclusivité se traduit aussi par la multiplication des ports privés et des escales réservées aux clients d’une compagnie. Ces îles ou zones dédiées permettent d’offrir une expérience balnéaire ou nature très contrôlée : plages aménagées, restauration premium, activités nautiques, espaces réservés aux suites ou aux passagers de certains programmes de fidélité. Pour les croisiéristes, c’est la garantie de vivre une parenthèse loin de la foule, tout en bénéficiant du confort du bord.

Ces escales exclusives s’inscrivent souvent dans un positionnement haut de gamme, voire ultra luxe, notamment pour les compagnies spécialisées dans les yachts de croisière ou les petites unités. Elles permettent aussi de limiter l’impact sur certaines villes saturées, en répartissant mieux les flux de passagers. Dans une logique de tourisme planifié, ces ports privés deviennent des « soupapes » organisationnelles autant que des produits d’appel marketing.

Pour les agences, il est intéressant de mettre en parallèle ces escales avec les attentes spécifiques des clients : certains profils privilégieront la découverte culturelle d’une grande capitale, d’autres apprécieront la tranquillité d’une plage réservée. À vous de jouer le rôle de chef de projet, en construisant un itinéraire qui équilibre intensité des visites et temps de repos.

Programmes d’activités adaptés aux tranches d’âge et centres d’intérêt

Avec près d’un tiers des croisiéristes voyageant en configuration multigénérationnelle, la clé du succès réside dans la capacité à proposer des programmes d’activités différenciés mais complémentaires. Clubs enfants, espaces adolescents, ateliers pour jeunes adultes, conférences culturelles, soirées thématiques pour seniors actifs : chaque génération doit trouver sa place et ses moments à soi.

Les compagnies segmentent désormais finement leurs offres, en tenant compte non seulement de l’âge, mais aussi des centres d’intérêt : sport, culture, gastronomie, bien-être, photographie, exploration polaire, etc. Certains navires d’expédition, par exemple, mettent l’accent sur les conférences scientifiques et les sorties en zodiac, tandis que les paquebots familiaux multiplient les activités ludiques et les parcs aquatiques.

Vous accompagnez des groupes intergénérationnels ? Une bonne pratique consiste à analyser, dès l’amont, les attentes de chacun, puis à vérifier que le navire choisi dispose d’une offre suffisamment riche pour éviter les frustrations. La croisière devient ainsi un compromis gagnant, où chacun vit « sa » semaine tout en partageant des temps forts en famille.

Services de butler numérique et assistance vocale embarquée

Inspirés de l’hôtellerie de luxe, les services de butler numérique se développent à bord des navires premium. Il s’agit de conciergeries personnalisées accessibles via l’application, la télévision interactive ou des dispositifs d’assistance vocale en cabine. Réservation de table, organisation surprise d’un anniversaire, gestion des demandes spécifiques (oreillers hypoallergéniques, préférences de ménage, horaires de room service) : tout peut être orchestré à distance, presque comme si un majordome invisible s’occupait de tout.

Les assistants vocaux embarqués, eux, permettent de piloter l’environnement de la cabine (lumière, climatisation, rideaux), de consulter le programme du jour ou de poser des questions pratiques. L’expérience se rapproche de celle d’une maison connectée, avec un accent mis sur le confort et la simplicité. Pour certains passagers, notamment les plus jeunes, cette fluidité technologique est devenue une évidence, autant qu’une preuve de modernité de la marque.

On peut voir dans ces outils l’équivalent numérique du « steward de cabine » d’autrefois, avec l’avantage d’être disponible 24h/24 et de traiter les demandes simples en quelques secondes. Pour l’équipage, ils permettent de se concentrer sur les interactions à forte valeur ajoutée, là où l’humain fait encore toute la différence.

Wellness et bien-être holistique en mer

Le bien-être n’est plus un simple service annexe, mais un véritable fil rouge de l’expérience croisière. Les passagers recherchent des vacances qui régénèrent le corps et l’esprit, loin du stress quotidien. Spas de plus en plus sophistiqués, programmes de yoga et de méditation, offres de nutrition équilibrée, espaces de déconnexion numérique : tout est pensé pour transformer le navire en sanctuaire de bien-être flottant.

Les compagnies développent des séjours thématiques centrés sur le wellness : croisières yoga, retraites de méditation, programmes de remise en forme encadrés par des coachs. Certains itinéraires intègrent des escales dans des stations thermales ou des destinations reconnues pour leurs traditions de soins, comme les bains nordiques ou les sources chaudes volcaniques. L’objectif est d’offrir une continuité entre le navire et la destination, dans une logique de bien-être global.

La dimension holistique se traduit aussi par une attention accrue à la qualité du sommeil (literie premium, cabines silencieuses, éclairage circadien), à la gestion du stress (ateliers de respiration, sophrologie, gestion du temps) et à la déconnexion. Des zones « sans écran » ou des moments de digital detox sont parfois proposés, invitant les passagers à se recentrer. Comme dans une grande station de montagne ou un centre de thalassothérapie, la croisière devient un moment pour « recharger ses batteries » au sens propre comme au figuré.

Analyse comportementale post-COVID et nouvelles exigences sanitaires

La pandémie a profondément marqué les comportements des voyageurs, et ses effets se font encore sentir. Même si le secteur de la croisière a retrouvé, puis dépassé, ses volumes d’avant-crise, les attentes en matière de sécurité sanitaire et de gestion des risques ont évolué. Les passagers sont plus attentifs à la propreté, à la qualité de l’air, à la gestion des flux et à la transparence des protocoles en cas d’incident.

Les compagnies ont donc pérennisé une grande partie des mesures mises en place durant la crise : systèmes de ventilation renforcés, nettoyage plus fréquent des espaces communs, mise à disposition de distributeurs de gel, digitalisation des procédures d’embarquement et de débarquement pour limiter les files d’attente. Les buffets se sont adaptés, avec davantage de portions individuelles, de service assisté et de contrôle des jauges aux heures de pointe.

Sur le plan comportemental, on observe aussi une montée en puissance de la recherche de flexibilité : politiques d’annulation assouplies, facilités de report, assurances spécifiques couvrant les risques sanitaires. Les croisiéristes veulent pouvoir réserver en confiance, sans craindre de perdre l’intégralité de leur investissement en cas d’imprévu. Pour les agents de voyages, cela implique de bien maîtriser les conditions de vente de chaque compagnie et de les expliquer clairement aux clients.

Enfin, la crise a renforcé le rôle des conseillers en voyages comme tiers de confiance. Selon la CLIA, près de 79 % des croisiéristes se disent influencés par leur agent dans leur décision, avec un niveau de satisfaction plus élevé lorsque la réservation passe par un professionnel. Dans ce contexte, votre expertise – capacité à décrypter les protocoles, à recommander les compagnies les plus rigoureuses et à anticiper les besoins spécifiques – devient un atout majeur pour rassurer et fidéliser une clientèle plus sensible que jamais à la notion de sécurité en voyage.